La tempête le 28 février 2010
SUD OUEST
Mercredi 10 Mars 2010 CHÂTELAILLON-PLAGE. Boucholeurs cité fantôme
Une semaine après le drame de la tempête, le bas du secteur des Boucholeurs (situé sur les communes d'Yves et de Châtelaillon) a pris l'aspect d'un village fantôme. Après l'énorme travail de nettoyage engagé jusqu'à dimanche, les rues semblaient privées de vie lundi, mis à part le ballet incessant des pompiers et des services d'EDF, l'intervention des derniers bénévoles (pour les maisons encore à nettoyer) et les opérations de gardiennage. Un sentiment de grand malaise s'est installé et certains n'ont pas hésité à se regrouper devant un feu de bois, pour partager un déjeuner froid entre voisins.
Heureusement, la gendarmerie interdit les différents accès ; ainsi, le village en détresse est rigoureusement fermé aux badauds, échappant au voyeurisme.
La directrice générale des services de la mairie de Châtelaillon, Mme Coutand, et le directeur de la station, Jean-Christhophe Mercorelli, étaient venus faire le recensement exhaustif des 100 maisons inondées et très abîmées par la tempête (environ 230 à Yves). Le bilan global de la station balnéaire, encore en cours, devrait faire état de plus de 300 maisons.
En urgence
Confronté à un problème majeur de relogement des familles, le maire, Jean-Louis Léonard, propose aux propriétaires de résidences secondaires de participer à un élan de solidarité, en louant leur habitation pour une année, aux conditions du marché. Certains l'ont déjà proposé. Des appel aux dons de nourriture non périssables ont été lancés également, à déposer de 10 heures à 12 heures à l'association Entraide et solidarité, à la salle polyvalente, ou de 14 h 30 à 18 heures à l'espace Carnot.
Les besoins urgents sont toujours les polaires, les gants en caoutchouc et les gants chauds, des crèmes pour les mains, du déodorant, des jeux de société à partir de 4 ans. Pour les dames, des trousses de toilette, des miroirs, du maquillage, du coton et, pour les messieurs, de la crème à raser, etc. Pour les personnes n'ayant plus de lunettes, on peut déposer d'anciennes paires à Optique Châtel, qui serviront de lunettes provisoires (angle des rues Carnot et du Marché).
MÉTÉO. La Charente-Maritime a été le département du Sud Ouest le plus touché par la tempête de cette nuit Tempête : six morts et 117 sauvetages en Charente-Maritime
A 12 h 30 six Charentais-Maritimes étaient décédés suite à la tempête qui a dévasté tout le littoral du département entre 22 heures et 5 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche. Le pic de la violente dépression se situant entre 3 heures et 4 h 30 en concomitance avec la marée haute (coefficient 102).
(à 21h00) Les victimes sont: Denise Lonneu, 88 ans, demeurant au lieu-dit Boyarville à Saint-Georges-d'Oléron; Guy Cloix, 77 ans, d'Aytré; M. et Mme Vincent, 92 et 96ans , demeurant à Châtelaillon, dans le quartier des Boucholeurs; Juliette Terrui, 86 ans, à La Flotte-en-Ré et Lucas, 10 ans, à Charron. La soeur âgée de 6 ans et la grand-mère de garçon sont portées disparues.
Le sous-préfet de permanence de Jonzac, Philippe Brugnot, signale que 117 sauvetages ont été réalisés durant la nuit et la matinée, dont 27 hélitreuillages. A Aytré, des personnes s'étaient réfugiés sur leur toit ou dans des arbres. Le dispositif de secours aérien comprend onze hélicoptères.
Les dégâts matériels sont qualifiés d'extrêmement importants sur l'ensemble du littoral avec la mise à mal de défenses contre la mer, en particulier plusieurs digues dans l'île de Ré (Saint-Clément-les-Baleines), une digue d'Esnandes endommagée sur 50 mètres. La commune de Charron s'est ainsi retrouvée isolées. A Châtelaillon, l'eau de mer s'est engouffrée par la baie d'Yves et la digue des Boucholeurs. La RN 137 La Rochelle-Rochefort est impraticable du fait de débris. La remise en circulation sur une voie dans le sens Rochefort-La Rochelle est envisagée dans la soirée.
A La Rochelle, le plateau nautique des Minimes a beaucoup souffert, l'eau s'étant engouffré dans tous les commerces et entreprises du quartier. Plusieurs bateaux endommagés.
Toujours à La Rochelle, les quartiers de la ville-en-bois et de Saint-Nicolas ont été submergés.
Au plus fort de la rupture en alimentation électrique, ERDF signalait 117000 foyers privés d'électricité. Et pour beaucoup de téléphone.
L'activité ostréicole a aussi considérablement pâti de la violente tempête.
Quatre points de rassemblement des victimes sont activés sur les communes d’Aytré, Chatelaillon, Saint Martin de Ré et Charron.
La priorité actuelle reste la recherche et le sauvetage d’éventuelles autres victimes. Les départements voisins se sont mobilisés pour venir en aide aux sinistrés de la Charente-maritime : 11
pompiers gersois, 27 pompiers landais, 20 sapeurs-pompiers du Lot-et-Garonne. Volontaires, ils sont partis en renfort ce matin.
Vendredi 05 Mars 2010 APRES TEMPETE. Entre évacuation du mobilier et nettoyage des maisons, le déblaiement bat son plein Les Boucholeurs : la grande lessive
Avenue André-Dulin, hier midi. Autour de Josette Cailler (2e à gauche), proches et bénévoles nettoient les biens qui ont pu être sauvés, essentiellement de la vaisselle.( photos pascal couillaud)
«C'était une maison hypersympa. J'avais beaucoup bossé pour l'aménager. » Située au numéro 48 de l'avenue André-Dulin, la Flibuste panse aujourd'hui ses plaies. Depuis quatre jours, Jacques Castelain et ses proches passent leurs journées à nettoyer et enlever « cette boue mélangée à de la vase qui colle ».
La coquette villa ne forme plus qu'une seule et vaste pièce. Les flots déchaînés de la tempête Xynthia ont emporté, dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs cloisons délimitant les espaces.
Avec un niveau de la mer monté à 1,60 m, comme l'attestent les marques saumâtres figées sur les murs, l'essentiel du mobilier est irrécupérable. Seuls les objets situés sur les étagères et dans les placards disposés à hauteur d'homme ont été épargnés par le sinistre.
À la hache
Si Jacques Castelain ne désespère pas de sauver quelques-uns de ses meubles entassés dans une pièce, une fois qu'ils seront totalement secs, il s'est résolu à jeter son mobilier. Après avoir défoncé à la hache la porte de son habitation - heureusement inoccupée lors de ce fatidique week-end -, les pompiers ont extrait l'ameublement le plus imposant. Personnel de la Sécurité civile et bénévoles se sont relayés pour donner la main pendant ces premiers jours. Jacques Castelain en sort une anecdote : « Des gens sont venus à vélo nous proposer leur aide. Originaires du Loir-et-Cher, ils séjournent ici avec leur camping-car. »
Autre scène de fin du monde, quelques mètres plus loin, dans la même avenue André Dulin. Regroupés autour de Josette Cailler, locataire des lieux avec Marc Morin, proches et bénévoles lavent quelques ustensiles. « Il ne reste que de la vaisselle incassable », indique-t-elle, en essuyant un cageot en plastique.
Là aussi, linges et meubles ont fini à la déchetterie, selon un mode de ramassage désormais bien rodé.
Deux cents personnes
Dans ce village partagé entre les communes de Châtelaillon et d'Yves, les services techniques de la station balnéaire coordonnent les opérations de nettoyage.
Si, au début, six bennes (trois d'un volume de 30 mètres cubes chacune à Yves et trois de 12 mètres cubes à Châtelaillon) ont été réparties à différents endroits des Boucholeurs, pour permettre aux sinistrés de déposer leurs biens perdus, c'est la collecte de porte en porte qui permet d'évacuer le gros des déchets.
Hier, « environ 150 personnes, auxquels il faut ajouter une cinquantaine de bénévoles, étaient à pied d'oeuvre », expliquait Jean-Philippe Lefresne, directeur des services techniques de Châtelaillon. Parmi eux, trois entreprises sous-traitantes déployant chacune une quinzaine de personnes.
Chef de chantier chez Colas, Ludovic Philippeau sillonnait, hier, les rues du village dévasté et s'arrêtait avec son équipe au gré des déchets stockés devant les maisons. La société de BTP avait dépêché un tractopelle, un tracteur et trois camions. Une fois remplis, direction la Pallice, à La Rochelle, pour déverser leur contenu. Un ballet qui devrait durer encore plusieurs jours, selon Ludovic Philippeau.
« Beaucoup de gens stockent en attendant le passage de l'expert », confiait-il, en pronostiquant d'autres chantiers de déblaiement la semaine prochaine.
Auteur : david
briand
d.briand@sudouest.com
Samedi 06 Mars 2010 Xynthia. Plusieurs dizaines de familles ont dormi hier dans des campings proposant des mobil-homes Les sinsitrés contraints de migrer
La nuit dernière, au moins 45 familles dont les habitations ont été dévastées par la tempête Xynthia ont dormi dans des mobil-homes mis à disposition dans les campings qui se sont manifestés auprès de la Fédération départementale de l'hôtellerie de plein air (1).
Si quatre d'entre eux (à Saint-Nazaire-sur-Charente, Châtelaillon, L'Houmeau et Puilboreau) ont accueilli hier des sans-abri, près d'une dizaine au total sont prêts à recevoir les naufragés du littoral (aux Mathes, à Lagord, à Pont-l'Abbé-d'Arnoult).
Le nombre de foyers logés devrait grimper en puissance dans les prochains jours, à mesure du déploiement de la logistique impulsée par les différents acteurs secourant les sinistrés. Mais aussi en raison des propres sollicitations de ceux qui ont eu jusqu'ici recours à des solutions d'hébergement d'urgence, auprès de proches.
La Fédération de l'hôtellerie de plein air centralise les demandes émanant des mairies ou des collectivités (2) qui ont mis en place un service d'aide spécifique au relogement.
Une journée pour ouvrir
Gérant du camping Village corsaire des Deux Plages à Châtelaillon, Jean-Baptiste Dagreou a offert l'hospitalité depuis mercredi à une vingtaine de familles des Boucholeurs, lieu-dit réparti sur Yves et Châtelaillon. Les deux communes comptabilisent à elles deux environ 300 maisons inhabitables.
Un mois avant la date de réouverture, prévue début avril, M. Dagreou a remis en une journée son camping en ordre de marche. « Lundi, je me suis autoproclamé en état de réquisition », confiait-il hier soir. Alors qu'il ignore toujours le défraiement qu'il pourra solliciter de la part des collectivités, il met encore à disposition une quarantaine de mobil-homes. Gratuitement.
Accueillant quelquefois jusqu'à fin octobre des touristes, ces structures en vogue bénéficient de convecteurs, au moins dans la pièce de vie. Bien utiles pour affronter les premiers frimas de l'hiver.
Reste que ce mode d'hébergement constitue la dernière solution choisie par les sinistrés. Ainsi, jeudi, sur la quarantaine de demandes transmises par la mairie d'Yves à la Fédération de l'hôtellerie de plein air, une seule au final a abouti au camping, se rappelle Pierre Migaud, de la fédération. « En vacances, c'est très bien. Mais dans ce contexte, les gens préfèrent un logement en dur », convient Jean-Baptiste Dagreou.
À moins que le mobil-home ne se déplace jusqu'au domicile de ceux qui désirent rester près de leurs biens. Relayant le message de son assureur lui indiquant qu'elle pouvait en installer un dans son jardin, une habitante rencontrée dans la rue du Port Punay, à Yves, espère qu'une bonne volonté exaucera son voeu.
(1) Ce chiffre ne tient pas compte des relogements initiés par les municipalités dans leurs campings.
2) Cellule relogement de la préfecture : 05 46 27 45 00 (public) , 05 46 35 25 30 (mairies) ; cellule de crise du Conseil général : 05 46 317 000 ; cellule régionale de solidarité : 05 46 51 83 59.
Samedi 06 Mars 2010 CHÂTELAILLON-PLAGE. « 3 à 5 millions de dégâts »
Avant d'aborder l'ordre du jour du conseil municipal qui s'est tenu lundi 1er mars dans une ambiance particulièrement lourde, le maire Jean-louis Léonard a naturellement parlé de la tempête qui entraînera des conséquences pour le budget de l'année 2010.
Il a remercié chaleureusement ceux qui se sont mobilisés et évoqué les décisions prises à l'annonce de la tempête : accueil, circulation, annulation du loto et avancement d'une soirée à Beauséjour.
Dès 3 heures du matin
Dès 3 heures du matin, le centre d'accueil à l'école Pierre- Jonchery a accueilli 400 personnes sinistrées (200 déjeuners et 250 dîners ont été servis grâce à la cantine de l'école et aux approvisionnements par des commerçants comme Shopi, Coop, Carrefour, Intermarché, etc.). Les responsables de quartiers s'étaient mobilisés en se rendant chez les gens où ils ont trouvé, comme les pompiers, des cas de personnes seules en grande difficulté. Une équipe de l'OEuvre d'Emmanuelle a participé au nettoyage de l'école des Sables.
Un lourd bilan
Les préjudices sont grave s, le Centre aquatique est inutilisable, des machines des services techniques inondées, de nombreuses maisons des Bouchôleurs en ruine, ainsi que la promenade et la voirie, etc. La municipalité estime que les dégâts s'élèveront de 3 à 5 millions d'euros.
Il faudra restructurer la plage, comme en 1999, ainsi que les digues qui ont beaucoup souffert du côté d'Yves. Le poste de secours est à reconstruire, les carrelets détruits ont obstrué le canal à Saint-Jean où arrivent les eaux montantes évacuées d'Yves. Au niveau de la réserve naturelle, maillon faible, les eaux sont allées jusqu'à la voie ferrée.
Mardi 09 Mars 2010 NETTOYAGE. La collecte des débris liée à la tempête Xynthia s'intensifie et pourrait durer jusqu'à la fin du mois Des montagnes de déchets
Dès que l'eau s'est retirée, le nettoyage a débuté, souvent accompagné d'un élan de solidarité salué par tous. Mais les dégâts restent visibles, à l'image de ces bennes à ordures pleines à ras bord, disposées par la Communauté d'agglomération de La Rochelle (CdA) et les sociétés privées engagées pour gérer ces débris.
Le ballet des camions bennes a commencé et n'est pas prêt de s'arrêter. Qu'il s'agisse de déchets végétaux ou des biens matériels détruits par les inondations, les 12 déchetteries de la CdA restent ouvertes aux horaires habituels afin de débarrasser collectivités et particuliers.
700 tonnes de débris
Les 63 membres du personnel des centres de stockage de la CdA « ne comptent pas leurs heures », déclare Michel-Martial Durieux, vice-président de la CdA en charge de la collecte, du traitement et de la valorisation des déchets. Selon lui, près de 700 tonnes de débris ont déjà été récupérées. Néanmoins, si l'effort du tri est maintenu dans l'ensemble des centres de dépôt, une grande partie des bennes accueillant le tout-venant de Nieul-sur-Mer, d'Angoulins et d'Aytré ont déjà pris la direction du centre d'enfouissement basé à Vigean, dans la Vienne.
« Quand tout part à la "jaille" »
La CdA rochelaise a disposé une vingtaine de bennes blanches, principalement sur les zones touchées par les inondations comme Aytré, Esnandes, Angoulins, Charron et Châtelaillon. Les services d'entretien et d'hygiène des différentes communes ont également fait appel à de grands groupes spécialisés comme Veolia, ISS Environnement ou des PME telle que l'entreprise rochelaise Rouvreau.
Pour ces professionnels, le temps sec et clément du week-end passé a permis aux personnes sinistrées et aux collectivités de s'organiser au mieux. Mais c'est surtout le passage des experts des compagnies d'assurances venus constater les dégâts ou, au contraire, leur attente qui rythment désormais le remplissage des camions et l'acheminement des déchets. Selon ces sociétés, les déchets risquent de fleurir encore durant un bon mois.
Pour Christophe Rouvreau, le directeur de l'entreprise du même nom, le travail consiste à gérer l'urgence, « les gens regardent toute leur vie partir à la "jaille" et l'on voit à travers leurs yeux tout ce que la tempête a aussi emporté ». Du canapé au matériel hi-fi, en passant par le grille-pain, l'eau n'a rien épargné. Avec ses quatre camions, cette société a installé une vingtaine de bennes bleues, souvent à la demande de cabinets de gestions d'appartements, notamment sur le front de mer. Dans de tels cas, pas de tri ni de stockage, il ne s'agit que de transit vers les centres d'enfouissement de Poitiers et de Bordeaux.
Des bennes neuves
Chez Veolia Propreté, Pierre Gamaury, directeur de l'agence de Charente-Maritime, explique que pour faire fasse à la montagne de déchets, certains moyens ont été mutualisés en faisant appel, par exemple, à un camion de l'agence voisine de Cognac. Des bennes neuves ont également été achetées pour disposer d'une trentaine d'unités au total, disséminée près de Charron, des Boucholeurs, des Minimes mais aussi dans le Val de Saintonge et en Aunis. Deux nouveaux camions munis de grappins et capables d'emporter 90 mètres cubes de débris seront déployés dans tout le département.
Si certains déchets, comme le bois et la ferraille, sont valorisés chez Veolia, 90 % des chargements partent vers un centre de stockage agréé, près de Poitiers.
Lundi 01 Mars 2010 TEMPETE XYNTHIA. Le président de la république s'est rendu en Charente-maritime et en Vendée pour rendre visite aux sinistrés. Il a annoncé une série de mesures pour les vict
Le président de la République Nicolas Sarkozy s'est rendu en Vendée et en Charente-Maritime pour visiter les zones sinistrées et les victimes de la tempête Xynthia. Il a annoncé une série de mesures et a déclaré que l'arrêté de catastrophe naturelle sera signé dès demain mardi.
Arrivé en fin de matinée à La Rochelle, en Charente-maritime, département qui est, avec la Vendée, le plus affecté par Xynthia, le président a annoncé avoir demandé une mission d'inspection de l'Intérieur et de l'Equipement qui devra remettre un rapport dans les dix jours "pour comprendre ce qui s'est passé".
"Ce qui s'est produit notamment en Vendée, c'est une conjonction extraordinairement rare, pour ne pas dire exceptionnelle de grande marée, de dépression, de la tempête elle-même et le fait que
cela s'est produit la nuit", a expliqué le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux.
M. Sarkozy a qualifié cet événement de "catastrophe nationale, un drame humain avec un bilan épouvantable". "Ce n'est pas le moment de commencer les polémiques", a-t-il
recommandé, appelant "chacun à considérer qu'aujourd'hui c'est le temps de l'urgence".
Les problèmes de coupure d'électricité seront résolus mardi, a promis le chef de l'Etat. Quelque 220.000 foyers en restaient privés lundi à la mi-journée.
Nicolas Sarkozy a notamment survolé en hélicoptère les secteurs inondés avant de passer à Châtelaillon, ville située au sud de La Rochelle, dont le quartier des Boucholeurs a été endeuillé et dont la population a été évacuée dimanche après-midi par mesure de précaution.
Il a par ailleurs demandé un "plan digues" au ministre Jean-Louis Borloo (Ecologie) qui l'accompagnait sur place, pour remettre en état le plus rapidement possible plusieurs digues, défenses contre la mer fortement mises à mal à Aytré, Esnandes et sur l'île de Ré.
Alors que la question des constructions littorales a commencé à être de nouveau posée après les inondations de maisons de bord de mer, M. Sarkozy a assuré qu'"on ne peut pas transiger avec la sécurité".
Les secours ont repris leurs recherches lundi matin sur le littoral atlantique après le passage de Xynthia, qui a fait au moins 48 morts en France, dont près d'une trentaine en Vendée. Plus de 500 rescapés ont été hébergés pour la nuit dans différents centres.
Le président de la république a également annoncé à Châtelaillon-Plage (17) que le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire "va venir cette semaine" et "on va faire un plan spécial" à destination des ostréiculteurs. Il a également annoncé une "table ronde pour tous les professionnels" (ostréiculteurs, conchyliculteurs...).
Mercredi 10 Mars 2010 XYNTHIA. Mobilisés sur le relogement des sinistrés, les professionnels redoutent à moyen terme une réplique de la tempête sur leur activité. Tout en se voulant positifs
La « côte maudite » est sur le flanc. Pourra-t-elle se relever avant le retour de ceux qui font tourner sa principale industrie, le tourisme ? Continuera-t-elle de séduire ces retraités qui assurent son essor démographique et font flamber l'immobilier ? Et quid de ses plages, de ses eaux de baignade, alors que des stations d'épuration n'épurent plus grand-chose ?
Ces questions, comme beaucoup d'autres, ne trouveront leur réponse que dans plusieurs mois. Le temps de remettre la machine en marche et de lister les dégâts à moyen terme. Reste quelques signes qui montrent que la campagne de promotion voulue par le Conseil régional aura du mal à gommer les images de dévastation vues à la télé. À La Rochelle, une transaction sur un appartement au Gabut menaçait de tomber à l'eau. Aux Boucholeurs, un terrain constructible (1 115 mètres carrés, 266 450 ?) a été retiré de la vente : trop près de la mer. Cette proximité qui en faisait tout le prix en fait aujourd'hui toute la faiblesse.
« Les clients vont se montrer beaucoup plus hésitants en zone littorale, estime Stéphane Jeulin, de la Chambre syndicale des propriétaires de la Charente-Maritime. Ils seront désormais plus attentifs aux zones à risque technologique ou naturel, des notions qui paraissaient très théoriques auparavant et qu'ils négligeaient parfois. »
Rassurants
Le premier risque concret, c'est l'annulation de locations saisonnières. Jean-Claude Verdier, de l'Agence fourasine, à Fouras - comme son nom l'indique -, confirme avoir reçu « quelques appels de gens inquiets ». Modérément optimiste, il s'attend à un gel des demandes ce printemps et met tous ses espoirs dans la clientèle d'habitués et les réservations de dernière minute.
« Mais quand on entend un haut responsable dire à la télé que la Charente-Maritime est sous les eaux, ça n'aide pas, ajoute-t-il. Fouras n'est quand même pas rayée de la carte ! J'ai quelques maisons sinistrées, mais elles seront réparées avant l'été. »
À La Rochelle, Éric Baudon gère quelque 150 locations de vacances à l'enseigne Plaisance immobilière. Il affirme ne pas ressentir l'impact de Xynthia sur son activité. « S'il y en aura un ? Je n'en sais rien, je ne lis pas dans les boules de cristal. La Rochelle n'est pas, comme Fouras, une station balnéaire. Ce qui fait que les gens y viennent, c'est le temps. Si l'été est beau, il y aura du monde. L'important, c'est que la ville retrouve son visage habituel pour les vacances de Pâques. »
Prime à l'arrière-pays
L'ouragan de 1999 n'avait pas affecté le marché immobilier. Preuve en est la flambée des prix qui avait suivi, ici comme ailleurs. Pour Jean-Claude Verdier, la donne est différente aujourd'hui. « En 1999, tout le monde avait souligné le caractère exceptionnel du phénomène. La tempête du siècle. Dix ans plus tard, rebelote ! Je ne sais pas si les maisons inondées vont être démolies ou reconstruites, mais je pense qu'en zone submersible, les transactions vont complètement chuter. Même en bradant les biens, personne n'en voudra. »
Présidente de la Chambre départementale de la FNAIM, Isabelle Matthieu s'attend, elle aussi, à des conséquences sur l'immobilier du littoral. Sans trop savoir lesquelles. « On en saura plus en avril, un mois propice aux transactions. Reste qu'après deux années noires, fin 2009 et début 2010 nous avaient redonné confiance. Et puis cette tempête nous tombe dessus... »
Son pronostic ? Une baisse des prix qui s'accentue et un déplacement du marché du bord de mer vers l'arrière-pays. La charentaise typique de nos villages va redevenir tendance.